La Cité des Leuques - association  loi 1901 pour la mise en valeur du site de Nasium

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association loi 1901

 

L’oppidum de Boviolles présente une implantation caractéristique des sites fortifiés de la fin de l’âge du Fer. Sa situation dans la vallée de l’Ornain est vraisemblablement à mettre en relation avec le rôle de cette vallée dans le réseau des voies terrestres et fluviales de la fin de l’âge du Fer. Affluent de la Marne, la vallée de l’Ornain est en relation avec le bassin parisien et la Seine qui joue, à la fin de l’âge du Fer, un rôle important dans les échanges. Au sud, la vallée de l’Ornain constitue un axe de communication terrestre vers le couloir Rhône-Saône dont le rôle commercial apparaît dès 125 av. J.-C. avec la création par les romains de la Province de Narbonnaise.

 

 

D’une manière générale, les sources écrites disponibles pour la connaissance de l’Est de la Gaule à la fin de l’âge du Fer sont très peu nombreuses. Le récit de la conquête de la Gaule par César constitue notre principale source d’information sur les peuples gaulois du cours supérieur de la Moselle et de la Meuse : les Médiomatriques, au nord de l’actuelle Lorraine, et les Leuques au sud. L’entrée dans l’histoire de ces peuples ne s’accompagne pas de nombreux témoignages. Le récit de la conquête mentionne seulement les Leuques à l’occasion de la campagne de 58 av. J.-C. contre les Helvètes, quand du blé est prélevé pour les légions romaines chez plusieurs peuples de l’Est de la Gaule (La Guerre des Gaules, I, 40). Les Leuques et les Médiomatriques n’étant pas cités parmi les peuples qualifiés de « Belges » par César, ils doivent être considérés comme faisant partie de la Gaule Celtique. Ce n’est qu’après la conquête romaine qu’ils seront intégrés, avec d’autres peuples, à la Province de Gaule Belgique, lors de l’organisation administrative d’Auguste.

 

 

Le manque de sources historiques disponibles pour l’époque gauloise nous réduit à extrapoler l’assise du territoire des Leuques à partir des découpages postérieurs. Aussi, leurs limites territoriales, comme la plupart des peuples de la Gaule, sont définies de façon théorique à partir de la cartographie des diocèses médiévaux, ceux-ci étant considérés par les historiens comme émanant des limites des cités gallo-romaines. Le territoire qui découle de cette analyse régressive se caractérise par sa forme très allongée. Il est limité à l’est par la ligne des sommets vosgiens, et à l’ouest par la vallée de la Marne. Au nord et au sud, la détermination de l’assise territoriale de la cité des Leuques repose sur les toponymes d’origine antique et ceux de signification frontalière, corrélés aux limites diocésaines.

 

 

De nombreux sites fortifiés sont présents dans cette vaste région, sans qu’il soit toutefois possible d’établir à chaque fois leur caractère contemporain. Plusieurs catégories peuvent toutefois être définies à partir de la surface. Les enceintes de moins de 10 hectares forment un groupe bien défini, particulièrement bien représenté dans la partie sud-est du territoire attribué aux Leuques, correspondant aux premiers reliefs du massif vosgien. Les enceintes de plus de 10 hectares et celles qui dépassent les 20 hectares forment deux autres catégories représentées dans tout le territoire leuque. Leur implantation peut également être mise en relation avec les principales vallées qu’elles semblent contrôler. Ainsi, l’enceinte de Sion (Meurthe-et-Moselle)a livré de nombreux indices témoignant d’un commerce actif avec la péninsule italique (céramiques campaniennes, amphores, vaisselle métallique…). Elle constitue vraisemblablement un site majeur de la vallée du Madon implanté sur l’axe nord-sud reliant la Saône à la Moselle. L’enceinte de la Butte-Sainte-Geneviève à Essey-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle), d’une superficie de 20 hectares, est située sur ce même axe. Plus à l’ouest, on retrouve des enceintes sur chaque bassin fluvial : Sorcy sur la vallée de la Meuse, Boviolles sur l’Ornain et Gourzon sur la Marne. Si cette enceinte, située aujourd’hui dans le département de la Haute-Marne, n’est généralement pas considérée comme appartenant au territoire leuque, l’analyse des nombreuses découvertes réalisées depuis le 19e siècle interpelle. En effet, la présence massive sur l’oppidum du Châtelet à Gourzon de types de monnaies fréquents à Boviolles suggère au minimum des liens économiques entre les deux enceintes implantées à moins de trente kilomètres l’une de l’autre.

 

 

Oppidum gaulois en territoire leuque

5. Boviolles, oppidum gaulois en territoire leuque